Séjour de pêche en Irlande

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Peche de la Truite - N°31 - Octobre 2006

Peche de la Truite - N°31 - Octobre 2006

Commander le n° 31 - d'Octobre 2006

IRLANDE : LES TRUITES BLANCHES DES SLIEVE LEAGUES

Sylvain Duvinage et Bernard Eucher-Lahon, de la société Alainn Tours, une agence « créatrice de voyages » installée en Irlande depuis près de 15 ans, inscrivent désormais au catalogue de leurs activités halieutiques la pêche de la truite de mer en estuaire. Une balade ludique au pied des plus hautes falaises d’Europe, les Slieve Leagues, en quête d’un poisson prestigieux qui abonde dans les eaux du Donegal. Succès garanti, et promesse de folles émotions dans des décors époustouflants, avec en prime la satisfaction d’être guidé par des gens pétris d’expérience, conviviaux et sympathiques.

L’Irlande, un Éden où pêche à la ligne se conjugue avec joie de vivre
L’Irlande tire de substantiels revenus du tourisme. Dans ce contexte, le tourisme halieutique occupe une place privilégiée ; en zone rurale, il devient même une véritable aubaine. L’île est connue pour attirer la crème, l’élite des pêcheurs européens. Par élite nous n’entendons pas forcément les chapeaux à plumes qui sévissent sur les parcours huppés et autres nouveaux prophètes anglicistes de la pêche aux leurres, mais ces gens dont la conception de la pêche, différente, repose sur l’abnégation, des résultats parfois improbables, le compagnonnage et la joie de vivre. Il faut être obligatoirement passionné pour affronter sans rechigner la bourrasque qui fait voler les chapeaux, les lancettes d’eau qui s’insinuent dans le col de chemise et dégoulinent dans le dos, ou le sol instable qui s’effondre sous les cuissardes, et qui vous absorbe dans d’inquiétants gargouillis. Cette destination partage les pêcheurs. Les conditions météo, parfois épouvantables, déroutent en effet les habitués des sorties paisibles…mais pas ceux qui souhaitent fuir, l’espace d’un temps, nos insupportables canicules estivales. Les paysages, dont la sauvagerie primitive est rehaussée par les nuages noirs qui s’effilochent sur les crêtes, comblent tous les amoureux d’une vraie pêche naturelle, d’une nature authentique et préservée. Omniprésente en Irlande, la truite colonise des milieux variés selon la souche ou les caprices du temps. Tantôt elle godille dans les petits courants d’une rivière tourbeuse, tantôt elle patrouille dans les eaux transparentes d’un lough ou rejoint l’océan, batifolant dans les estuaires.
La truite de mer Irlandaise n’atteint certes jamais des tailles exceptionnelles. Mais elle n’en demeure pas moins un poisson prestigieux, dont la capture ne laisse personne indifférent. Et si j’évoque le compagnonnage et la convivialité, c’est pour mieux souligner qu’une partie de pêche à la truite de mer sur les côtes du Donegal ne présenterait certainement pas le même intérêt sans la présence des deux organisateurs qui m’accompagnent dans ce périple : Bernard Eucher-Lahon et Sylvain Duvinage. De fidèles amis qui ont posé leurs valises sur cette belle terre d’Irlande, à Sligo,  pour y organiser des séjours à vocation touristique, halieutique et cynégétique.
Sylvain Duvinage : Guide et organisateur
Sylvain, dont la trempe fait la qualité de l’aventure Irlandaise, est à la fois organisateur de séjours à vocation halieutique en Irlande, mais aussi guide de pêche et moniteur de pêche à la mouche. C’est un homme rude, au visage tanné par la vie au grand air, qui est rompu aux pièges des marais, de la mer et de la montagne. Sylvain ne ménage pas sa peine pour que votre séjour se déroule sous les meilleurs auspices. Il ne sait pas seulement où trouver les truites fario à la belle robe dorée, les truites de mer, saumons ou brochets qui, d’humeur volage, badinent dans les eaux insulaires au gré de leur fantasque inspiration. Il sait aussi rassurer le client ou l’ami. Quand les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances ou que les touches se font attendre, le pêcheur du meilleur bois exige en effet au moins un réconfort moral. Et dans ce domaine, Sylvain développe un savoir-faire consommé, en mettant aussitôt sur pied un dispositif de soutien psychologique qui vous donne le ressort nécessaire pour repartir, le moral regonflé à bloc. Le plus étonnant chez ce personnage, c’est qu’en ayant vu défiler tant de pêcheurs, il ait su garder sa pureté originelle. Vous êtes traité comme l’Elu, l’Unique. Sylvain ne vous parle pas comme aux autres clients. D’ailleurs vos questions sont tellement plus intelligentes : « Où sont passées les truites de mer aujourd’hui ; allons-nous en pêcher maintenant que la mer est basse ? Les saumons sont-ils remontés après ce coup d’eau. Ai-je le bon leurre ? ». A chaque interrogation, le Sage vous répond avec une infinie patience, et vous rassure. De telle manière que vous vous sentiez prêt, doutes et soucis oubliés, à repartir de plus belle affronter la vague, la tourbe ou la pente.
Un fin pédagogue, mais aussi un psychiatre
Tour à tour réconfortant, admiratif, désolé ou ravi, Sylvain partage vos peines et vos joies, insiste malgré tout sur les raisons d’espérer. Quand tout va mal ( ce qui est très rare ), et qu’après une maigre journée vous vous retrouvez assis au bar d’un pub, il vous laisse vous épancher. Aucun signe d’agacement ne trouble sa physionomie quand vous lui expliquez pour la quatrième fois comment vous avez raté ce saumon ou cette truite. Vous évoquez le malaise, comme le malade distille ses symptômes au praticien. Il vous écoute, tout en vous tendant un verre de whiskey chaud. D’abord, raffermir le cœur du malade. Ensuite, avancer des explications qui, à défaut de remplir le panier, redonnent de l’espoir. Sylvain excelle dans cet art. Il vous observe en fronçant les sourcils, l’œil mi-clos, dans une attitude de profond recueillement, tout en hochant la tête comme le ferait un psychiatre. Son comportement déjà vous rassure. Il boit ensuite une petite gorgée et semble se concentrer davantage ; puis il vous fixe soudain d’un regard lourd, profond, presque halluciné, comme s’il sortait d’une séance d’auto-hypnose. Sur le ton de la confidence, il formule alors son diagnostic. Même s’il est très habile, le praticien n’a pas en effet le pouvoir de créer des poissons. Mais il doit malgré tout sortir le malade de l’accul. D’un air pénétré, il déclare alors que demain sera un autre jour. Asséner une telle évidence à des pêcheurs rompus par une journée de quête improductive revient à leur donner le coup de grâce. Pourtant il n’en est rien, et l’on se sent soudain ragaillardi, le cœur rempli d’espoir pour affronter la journée du lendemain. D’autant plus que Sylvain est maintenant intarissable : il vous apprend le pourquoi du comment, le yin et le yang, l’évolution du front et les dernières rumeurs qui courent sur la lande. Vous plongez dans l’intimité du pêcheur d’Irlande….Demain, sans aucun doute, les truites de mer seront au rendez-vous !
Truites de mer en estuaire : un engouement récent et confidentiel
Après avoir dormi du sommeil du juste, mes rêves hantés par des légions de truites de mer, et par la silhouette fantomatique de Sylvain habillé de la blouse blanche du praticien, me voilà fin prêt à affronter la vague et les truites de mer du Donegal. Nous prenons un copieux petit-déjeuner dans la confortable salle de restaurant de Kingsfort lodge, le tout nouveau lodge d’Alainn Tours, qui est superbe et luxueux. Cette belle bâtisse et ses bâtiments attenants sont situés à l’entrée d’un petit village du Comté de Sligo : Ballintogher, qui se trouve à deux pas de la mer et de quelques-uns des meilleurs parcours à truites et à saumons de la région. L’ensemble complète une capacité d’hébergement déjà étoffée dans la campagne du Donegal, avec le superbe Fisherman’s lodge Pettigoe situé une soixantaine de kilomètres plus au nord. Le vent siffle sur la lande, et des nuages bas s’accrochent aux crêtes. L’homme-médecine de mes rêves s’est effacé, au profit d’un personnage revêtu des attributs de sa fonction : gilet de pêche, bottes et casquette. Sylvain, qui vient d’arriver, est prêt pour la bagarre. Bernard Eucher, qui adore pêcher en mer, nous honore également de sa compagnie.
L’Irlande comme la France, et c’est pour cela que nous l’aimons, est un pays de fantaisie. Pas d’à priori donc quant aux techniques de pêche mises en œuvre : Sylvain me suggère d’opérer à l’ultra léger, au poisson nageur, sur le site que nous allons prospecter : un estuaire du Donegal. L’ultra léger pour solliciter la truite de mer ou le saumon, voilà bien une suggestion anti conformiste comme nous les aimons. Nous envoyons au Diable la théocratie halieutique et les discours savants pour une approche plus originale de ce prestigieux poisson.
Pour la petite histoire, sachez que l’un des pionniers de cette pêche de la truite de mer en estuaire habite Ballina, une ville du Comté de Mayo située plus au sud, là où se jette la Moy river. Il s’agit d’une formidable rivière à saumons, à truites fario et à truites de mer qui prend sa source dans les mystérieuses Ox Mountains. Ce précurseur donc est un ancien musicien de rock’n roll qui a lancé la mode après avoir ouvert un hôtel, The Riverboat et un restaurant : The Captain’s Table. Il fait pêcher ses clients au lançon mort manié, une technique efficace pour capturer les grosses truites de mer.
Sylvain préfère opérer à la mouche ou au lancer, la technique que nous allons privilégier lors de cette sortie. Après maints tâtonnements durant des mois, seuls les petits poissons nageurs se sont avérés régulièrement prenants. Et pas n’importe lesquels. « À l’usage », indique Sylvain, « quelques modèles seulement se sont révélés efficaces, aux dominantes verdâtres à translucides dont les Tiny Fry et les Falt Fly de Illex, le petit Flashminnow 80 SP de Lucky Craft  ou encore le Husky Jerk de 6 cm suspending blanc de Rapala ». 
Au pied des Slieve Leagues
Après avoir emprunté un superbe itinéraire qui traverse une vallée glaciaire illuminée par un lac aux eaux transparentes – un excellent spot à saumons et à gros brochets ! -, nous parvenons bientôt à notre mise à l’eau, dominée par la formidable citadelle des Slieve Leagues, plus hautes falaises d’Europe qui dressent leurs 590 m de murailles au-dessus de la mer. Nous devons respecter un créneau horaire précis, qui se trouve en relation avec les mouvements de marées. Les truites de mer sont en effet surtout actives durant les deux heures qui précèdent l’étale de basse mer, et continuent à s’alimenter avec appétit jusqu’aux deux premières heures du flot. Vous disposez donc d’environ quatre heures trente pour faire votre pêche. Le choix des bons postes n’appartient pas du tout au domaine de l’irrationnel. Il requiert une longue expérience, tout l’art et la difficulté de cette quête consistant à découvrir où la truite de mer se nourrit, à l’instant T. Il s’agit en effet d’un poisson très mobile, sensible aux mouvements de marée qui eux-mêmes conditionnent les disponibilités alimentaires offertes par l’environnement à un instant donné. C’est un vrai jeu de cache-cache avec ses jours fastes et ses jours creux, ses jours de beau temps et ses jours de tempête, ses jours d’allégresse et ses jours moroses.
Tout d’abord, il ne faut pas vous tromper sur le choix du matériel. Sylvain arbore une mine dégoûtée quand il contemple ma canne, un bijou construit par Hardy voici 25 ans environ, long de 2m40 et qui a été conçu pour pêcher à l’ultra léger, à l’insecte. Il teste son action puis me la rend, me contemplant d’un air halluciné et fiévreux, comme s’il venait d’être mordu par le serpent de Saint-Patrick. « C’est une nouille », déclare t’il du ton péremptoire qui sied à l’homme de savoir, « pas du tout adaptée à cette pêche et aux animations requises,. Il te faut une canne à action de pointe, pour bien conduire l’animation sèche en jerking qui est à la base de la réussite ». Le choc est rude : cette canne fidèle m’a accompagné partout depuis des lustres, de l’Alaska à la Mongolie. Elle m’a même permis de mettre au sec un saumon de 12 livres sur 14/100ième. J’encaisse, sans rien dire : surtout, ne pas contrarier le Maître ! Sylvain me prête une canne plus raide, longue de 1m80 pour une puissance de 3-12 g. Alors que le bateau glisse sur la rampe de mise à l’eau, une première chasse éclate dans le port. Sylvain monte précipitamment sa canne et lance. L’attaque, violente et spectaculaire, se produit aussitôt, après une courte récupération. Une jolie truite de mer semble t’il, d’après son rush initial qui est signalé par une chandelle : le poisson donne de violents coups de tête, puis glisse bientôt dans le filet de l’épuisette. C’est une truite très correcte, longue d’environ quarante centimètres. Partout dans le port, des chasses éclatent maintenant. Avec Bernard, qui profite de cette belle journée pour s’initier à cette pêche, nous nous apprêtons fiévreusement tandis que Sylvain s’affaire aux ultimes préparatifs d’embarquement. Notre journée ne pouvait guère débuter sous de meilleurs auspices !
En action, dans l’estuaire
Sylvain met le bateau en dérive, juste devant le port où des bancs de truites de mer se gavent de crevettes grises qui pullulent littéralement dans ces eaux saumâtres, formant comme des nuages de plancton en suspension : du krill en quelque sorte, à la base de leur nourriture aujourd’hui. Des chasses éclatent ici et là, comme de gros gobages giclés.
Sylvain, en fin pédagogue, nous enseigne les rudiments de cette pêche, fruit d’une longue expérience assortie de cruelles déconvenues. Bernard et moi, figés dans une attitude de profond recueillement, acquiesçons d’un petit hochement de tête respectueux comme font les membres des sociétés secrètes en entendant la parole du Maître. « À force de tâtonnements et de bredouilles successives » professe Sylvain, « j’ai pu me forger quelques certitudes et prendre enfin régulièrement du poisson. Ainsi, je suis aujourd’hui convaincu que les seuls leurres vraiment adaptés sont de petits poissons nageurs de 3 à 6 cm, aux couleurs naturelles : bleutées, verdâtres, translucides. Mais le bon choix du leurre n’est pas tout :  encore faut-il l’animer dans les règles de l’art, en jerking, c’est-à-dire en récupérant par à-coups successifs. Il n’existe point de salut sans cette animation qui confère au leurre une trajectoire aléatoire, imprévisible, comportant de brusques changements de direction ! ». Tête basse, nous approuvons, religieusement.
Assommés par ces formidables révélations, nous comprenons très vite l’importance capitale de tels propos, et de ce fameux coup de poignet magique qui déporte brutalement le poisson nageur, lui faisant adopter la nage hésitante d’un alevin malade. Il faut s’attacher à récupérer canne basse, pas trop vite…ni trop lentement ! Votre canne doit absolument bénéficier d’une action suffisamment rigide, pour mieux conduire l’animation et guider les mouvements erratiques du leurre.
En général, les truites de mer attaquent en surface ou dans les couches superficielles. Quand elles sont calées sur le fond, elles montent volontiers de plusieurs mètres pour se saisir d’un poisson nageur évoluant dans la pellicule ! Autre attrait de cette pêche, donc : une attaque souvent spectaculaire…et inattendue !
Alors que la marée baisse et que nous nous approchons de l’étale de basse mer, Sylvain rejoint l’estuaire. Nous prospectons à l’aveugle, le long de la côte. La bonne stratégie consiste à se laisser dériver, au fil de l’eau, au ras des secteurs favorables, en tâchant d’approcher, discrètement bien sûr, les manifestations d’activité des poissons qui éclatent en surface. L’aval de chaque obstacle ( rocher, banc de sable…) barrant la veine d’eau principale peut abriter une truite en embuscade, de même que le ras des berges de sable creuses ou les anses abritées. Les truites, très mobiles selon les disponibilités nourricières offertes à un instant donné par leur environnement, ne sont pas toujours faciles à localiser.
Nous approchons prudemment les premiers rouleaux qui signalent une plage puis la haute mer ; un endroit propice où les truites patrouillent volontiers en quête de lançons. Plusieurs jolies captures feront les frais de cette stratégie de pêche à vue des postes, qui se pratique un peu comme en rivière.
En remontant sur la rivière
Au moment de l’étale de basse mer, Sylvain décide de remonter à l’arrivée de la rivière, vers les premiers rapides. Nous effectuons plusieurs dérives d’abord au ras des berges, pour solliciter des poissons calés juste sous le varech. Cette pêche à vue, très amusante, offre des émotions comparables à celles vécues quand vous sollicitez le black-bass aux leurres de surface : des touches violentes accompagnées d’une gerbe d’éclaboussures, suivies de rushs éblouissants et de chandelles spectaculaires ! Votre leurre chemine dans les couloirs d’herbiers comme un slug ou un stick bait, en godillant dans la pellicule. Souvent, les truites de mer se trouvent à l’ombre des frondaisons de bordure, sous les branches d’érable accrochées aux falaises, ceci d’autant plus volontiers quand la berge est creusée par le courant.
Bientôt, nous parvenons au premier rapide signalant l’arrivée de la rivière, seuil qu’il est interdit de franchir en bateau. Cette pêche aux arrivées de tributaires est le clou de la journée ! Nous effectuons alors plusieurs dérives dans le courant, qui nous porte naturellement le long d’enrochements très favorables, formant des surplombs et creusés de profondes anfractuosités. Imaginez une sorte de goulet qui alimente une gigantesque piscine naturelle enchâssée dans la rocaille, et précédant les eaux saumâtres de l’estuaire. Les truites calées sur le fond n’hésitent pas à monter de 4 à 5 m pour se saisir de nos leurres ramenés juste sous la surface. Aux truites de mer s’ajoutent maintenant de superbes farios à la belle robe noire et or, marquée de gros points sombre. Bernard capture l’un des plus jolis poissons de sa carrière de pêcheur…et le plus gros de la journée : une superbe truite brune qui passe plusieurs fois sous le bateau sans parvenir, tout à fait miraculeusement, à couper le fil. Durant cette belle journée, nous avons pris une trentaine de truites de mer, accompagnées de quelques très belles fario. Nous avons il est vrai bénéficié de circonstances favorables : un temps calme, et une activité continue. Bien sûr, nous aurions pu avoir moins de chance. Mais c’est aussi cela, l’Irlande : ces moments de cruelle désillusion comme cette chance parfois insolente qui vous sourit, ces joies et ces peines. Ce sont des paysages sublimes de beauté primitive, des gens gais et chaleureux, un feu de tourbe qui rougeoie dans l’âtre, des truites blondes, brunes ou blanches selon la lumière et l’endroit. L’Irlande sait souvent donner, beaucoup. Elle sait réserver les meilleurs moments à ceux qui l’aiment vraiment, c’est-à-dire ceux qui ont suffisamment de constance dans leurs sentiments pour ne pas l’abandonner quand elle boude. C’est pour cela que nous aimons ce pays. Aux coups durs, aux ratés, aux marches d’Empire, aux douches froides ( dans tous les sens du terme ) succèdent des émotions rares, et de bienheureuses surprises qui, au contraire des photos, ne pâliront jamais. On se souvient toujours de sa première truite irlandaise : sa robe a les reflets dorés d’un vieux whiskey, le dos couleur Guinness et le parfum incomparable d’un poisson mérité. Le genre de truite qui vous tient à cœur, et vous lie au pays pour l’éternité. D’autant plus fort quand vous partagez ces belles émotions avec des Sylvain Duvinage ou des Bernard Eucher, qui sont plus que des compagnons de pêche : des gens de cœur comme on n’en fait plus, volubiles, enthousiastes, conviviaux…et si généreux !

Encadré 1 : le bon bateau
Sylvain apprécie beau coup pour cette pêche le Pacific Craft 425 de Profil Nature, long de 4m25 pour une largeur de 1m66 et une profondeur de 0,75 m. C’est un bateau très stable, dont la largeur autorise toutes les fantaisies en action de pêche », souligne Sylvain. « Il  se prête à des dérives lentes, parfaites pour solliciter la truite de mer en estuaire, aux leurres. On peut se tenir debout en toute sécurité, y compris dans la vague. Léger ( il pèse 120 kilos seulement ), sa mise à l’eau est facile. J’apprécie aussi la praticité de l’embarcation, dont les coffres sont faciles d’accès. En outre, il offre un excellent rapport qualité/prix ( 2400 € ).

Encadré 2 : Alainn Tours, conseiller-créateur de voyages de pêche
La société AlainnTours, installée depuis près de 15 ans en Irlande connaît bien son affaire.
Outre des séjours à vocation spécifiquement halieutique, l’agence vous propose des voyages à thème, individuels, familiaux ou en groupes : circuits-découverte du pays, randonnée, golf ( l’une de leurs grandes spécialités !), équitation, ornithologie, géologie.
Ces séjours sont organisés autour de Sligo, la grande ville du nord-ouest de l’Irlande, comme à travers toute l’Irlande. Une région qui bénéficie d’un potentiel halieutique exceptionnel et complètement sous-exploité. Dans un rayon de 30 km, vous pouvez en effet pêcher indifféremment, selon vos goûts, brochet, truite brune, truite de mer, saumon ou pourquoi pas pratiquer la pêche en mer ( lieu jaune, lingue, raie, maquereau, requin bleu…).
L’hébergement est assuré chez l’habitant ou en lodge de pêche très confortable : au Fisherman’s Lodge Pettigoe dans le Donegal, ou dans le luxueux Kingsfort Country House à Ballintogher, dans le comté de Sligo. Des guides compétents garantissent le succès de votre séjour, « coachés » par Sylvain Duvinage et Bernard Eucher. Nous avons noté les superbes prestations de Marc, chef cuisinier à Kingsfort Lodge et qui fut directeur de cuisine auprès du Premier ministre Gabonnais. Une référence !
Alainn Tours. 8, Castle street, Sligo, Irlande.
Tel : + 353 71 91 44 536/ Fax : + 353 71 91 41 018. Email ; info@pecheenirlande.com
Site : http://www.pecheenirlande.com
TYel Sylavain Duvinage : 06 07 61 84 82/ Tel Bernard Eucher : 00 353 87 246 7292

Encadré 3 : Bons leurres et bonne canne pour la truite de mer en estuaire
Après deux années d’essais et de déconvenues, Sylvain Duvinage est catégorique : seuls certains petits poissons nageurs animés en jerking vous donneront satisfaction régulièrement. Le Flash Minnow de Lucky Craft 80 SP, le plus petit de sa famille répond à la moindre sollicitation. Il est parfait pour exploiter de petites zones ciblées.
Les Tiny Fry 38 SP et 50 SP sont également excellents. Conçus pour être animés en jerking ou wobbling, leur nage imite à la perfection celle d’un alevin blessé. Notons que le Tiny Fry 50 SP, plus lourd, plonge plus loin dans els veines d’eau et les fosses. Pour les zones calmes et solliciter des poissons méfiants, le Flat Fly de Illex s’avère aussi très prenant.
Les petit Husky Jerk de Rapala, longs de 6 cm ou 8 cm et pesant respectivement 3 g ou 6 g conviennent également bien, dans els coloris S, SB, GMN, TSD ou MU. Dans tous els cas en effet, privilégiez les coloris naturels : translucide, argent, bleuté, verdâtre…
Le choix de la canne est déterminant. D’une puissance de 3-12 g, elle doit être  impérativement dotée d’une bonne action de pointe pour conduire l’animation requise.

Encadré 4 : Une bonne méthode : le lançon
Les spécialistes de la truite de mer qui opèrent sur l’estuaire de la Moy notamment, à Ballina opèrent souvent au lançon manié. Il s’agit en fait d’une forme de tirette, le poisson étant fixé par le nez à un hameçon simple n° 6, puis ramené en petites tirées successives. Le lest est un plomb mou fendu pincé 50 cm en amont, directement sur le bas de ligne. Le lançon m’a toujours convaincu de son efficacité en Irlande. J’ai pris de nombreuses truites de mer mais aussi des saumons avec cet appât, fixé sur une monture de l’Aulne. Cela dit, Sylvain préfère opérer plus sportivement, aux leurres. Le streamer ( imitation d’alevin ) devrait aussi, sans aucun doute, donner de bons résultats, ramené entre deux eaux ou juste sous la surface.


 

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