Séjour de pêche en Irlande

Nos Produits » Irlande » 4/Article de Presse : Salmo 2006

Salmo 2006

Pêcher ailleurs :
Irlande :
TRUITES DE MER EN ESTUAIRE AU POISON NAGEUR
Un reportage de Marc Delacoste et Olivier Plasseraud

Les populations de truites de mer irlandaises reviennent en force après avoir connu une grosse baisse à la fin des années 80. Et les estuaires sont des sites privilégiés pour les pêcher, dans des décors superbes et des conditions de pêche inhabituelles.

Si l’Irlande est connue en France comme une fabuleuse terre de pêche, c’est pour ses saumons, ses truites et ses brochets. Ses potentialités en truites de mer restent encore curieusement confidentielles chez nous. Elles ont pourtant autrefois fait le bonheur de nombreux pêcheurs britanniques qui venaient nombreux les rechercher spécifiquement sur l’île verte. Et il fut un époque où les truites de mer déchaînaient ici un engouement comparable, sinon supérieur, à celui provoqué par les saumons ou les grosses truites de lacs. Malheureusement, le développement des fermes marines d’élevage de saumon ont gravement mis en périls les populations de truites de mer à cause de la prolifération de parasites qu’elles engendrent. Sous l’assaut des poux de mer, les populations de truites de mer qui vivaient près des côtes où se sont installé des fermes marines ont rapidement décliné. Mais la situation semble changer. Est-ce le résultat de nouveaux traitements visant à contrôler ces parasites ? Ou une adaptation des truites de mer aux parasites ? Toujours est-il que de nombreuses populations sont aujourd’hui en plein renouveau, notamment dans le Nord Ouest de l’île.

On connaît la pêche des truites de mer en rivière lors de leur remontée, mais elles se pêchent aussi très bien dans leur zone de grossissement, en estuaire

Les truites de mer irlandaises se pêchent classiquement en rivières lors de leurs remontées estivales, mais aussi en mer et en estuaires. Bon nombre de rivières irlandaises forment en effet des estuaires protégés particulièrement remarquables, possédant sur plusieurs centaines de mètres voire de kilomètres, la morphologie de fjords, de grandes rivières dont le courant évolue au gré des marées. L’autre particularité de la plupart de ces estuaires est de ne pas contenir de vase, mais un fond de sable clair, une eau limpide et des berges constituant des plages que ne renieraient pas les plus belles cartes postales de paradis tropicaux… palmiers en moins bien entendu ! Ces estuaires constituent des écosystèmes extrêmement productifs où vers, crevettes et lançons abondent. Et tout naturellement, les truites de mer profitent de l’aubaine et colonisent en nombre ces garde-manger en puissance.

Les truites de mer irlandaises ne sont pas des monstres, inutile de raconter des histoires. La plupart font entre 300 g et 1 kg. Les plus grosses prises régulières dépassent le kg mais les plus grosses bêtes restent rares. Ce qui fait leur force, c’est leur densité. On peut ainsi, si on tombe bien, prendre entre 10 et 20 de ces lingots d’argent au cours d’une partie de pêche. Et quand on connaît leur combativité et leur propension à se défendre en surface et à sauter vigoureusement, on comprend qu’on a là que quoi vivre des parties de pêche mémorables.

Le poisson nageur, technique préférée de Sylvain Duvinage pour la truite de mer

En estuaire, ces truites de mer peuvent se pêcher de différentes façons. Aux appâts avec des lançons vivants ou des fleurettes de maquereaux derrière une bombette, aux leurres, que ce soit à la mouche (streamers imitations de poissons fourrage) ou au lancer.
Sylvain Duvinage, guide français installé en Irlande depuis une dizaine d’années, adore traquer ces acrobates argentés en estuaire. Et pour lui, rien ne vaut la pêche au poisson nageur. Il utilise pour cela un matériel très léger, avec une canne à lancer de 1,80 m, du 16 ou 18/100 et des poissons nageurs de 4 à 7 cm. Les truites de mer chassent en effet activement les lançons, sprats ou autres, qui vivent dans les estuaires et de petits jerk-baits manœuvrés juste sous la surface sont donc tout indiqués. La première des choses à faire est de localiser les secteurs où chassent les truites de mer. Soit on connaît déjà quelques zones de chasse préférentielles, soit on longe les berges à la recherche de manifestations de surface, lançons qui giclent ou saut de truites de mer. Les truites de mer se manifestent en effet fréquemment par des chasses actives sur les lançons qu’elles poursuivent voracement, mais aussi par des sauts, qui permettent de les repérer de loin. Si vous voyez un poisson sauter ou si vous entendez un « splash », il y a de fortes chances pour que ce soit une truite de mer. Curieusement, les truites de mer signalent ainsi fréquemment leur présence par des sauts, qu’il n’est pas toujours évident d’attribuer à un acte de chasse, mais qui sont très utiles pour les localiser.
Ensuite, reste à les convaincre d’attaquer le poissons nageur qu’on leur présente. Pour cela, Sylvain préfère une animation très saccadée, faite d’une succession de tirées sèches et très courtes conférés par l’intermédiaire du scion, qui déséquilibrent le leurre et le font évoluer par petits bonds de 10 à 30 cm entrecoupés d’arrêts brefs d’une seconde ou moins. La récupération ne doit surtout pas être rapide tout en étant très saccadée. Elle se fait se fait canne basse, en récupérant lentement au moulinet le mou provoqué par les coups de scion qu’on agite d’à-coups secs mais de faible amplitude. C’est toute l’originalité et la subtilité de cette animation. Le poisson nageur récupéré linéairement, même s’il a une nage superbe, sera suivi, accompagné jusqu’à vos pieds, mais pratiquement jamais attaqué. Si vous vous contentez d’une classique récupération au moulinet alternant quelque ralentissements et coups de scion, vous provoquerez bien quelques éclairs argentés derrière le leurre, mais pas plus de touches réelles en dehors de rares périodes de folie prédatrice.

Une animation vraiment spécifique qui fait toute la différence

Pour Sylvain, c’est l’arrêt de récupération complet entre deux coups de scion qui fait la différence. Le bref « mou » ainsi créé permet au jerk bait d’augmenter le déséquilibre de sa nage et l’amplitude latérale de ses mouvements. Si la ligne est légèrement tendue entre les saccades, le nez du poisson nageur reste orienté dans le sens de la récupération, et son déplacement traduit beaucoup moins la panique désordonnée qui stimule l’attaque. Autre point important, ces secousses entrecoupées de moments à fil détendu brefs permettent de faire « claquer » les billes métallique du leurre. Si vous exercez une traction permanente de récupération, même en agitant le scion ou en modifiant la vitesse du moulinet, vous n’obtenez pas cet effet sonore provocant, car les billes restent plaquées dans leur logement. Vu de l’extérieur, ça donne d’ailleurs un air de névropathe pris de tremblements qui se répercutent jusque dans le scion de sa canne. Mais au final, c’est diablement efficace ! La touche est généralement très franche et sans équivoque. Ensuite, musique : départ en trombe, chandelles, piqué et double vrille, ces truites sont de véritables boules de nerfs. Et sur un matériel aussi léger, c’est du plaisir à l’état pur. De temps à autre, un gros maquereau vient varier le menu, qu’on reconnaît immédiatement à sa défense tout en puissance et au fond. En clair, si votre truite ne saute pas dans les trente secondes suivant le ferrage…c’est un maquereau ! Il n’est en effet pas rare que maquereaux et truites de mer chassent dans les mêmes secteurs, particulièrement si d’importants bancs de lançons ou de sprats y sont présents. Lorsque nous y avons pêché, en juin dernier, nous avons même pris des truites d’estuaire, des slob trout, qui vivent partiellement en eau douce et en eau saumâtre. Ni tout à fait fario, ni vraiment truites de mer. Leur robe illustre parfaitement ce compromis qui consiste à vivre en eau saumâtre : elles ne sont ni argentées, ni brunes, mais d’un délicat mélange des deux. Au meilleur moment de la journée, alors que nous avions localisé une zone de chasse bien visible près du bord, nous avons vécu un moment particulièrement intense. En une grosse heure de pêche au milieu de boules de lançons qui ne cessaient d’exploser sous les assauts venus du dessous, nous avons pris une vingtaine de poissons, tantôt truite, tantôt maquereau, en une pêche vraimeent excitante et pleine de surprises.

Et au final, ce séjour fût, comme le plus souvent ici, une réussite. L’île est toujours aussi belle, les Irlandais toujours aussi sympathiques et accueillants et les poissons toujours aussi coopératifs (même si la pêche reste la pêche). Alors si on ajoute aux truites et aux saumons la perspective de pêcher des truites de mer dans des endroits aussi insolites que ces estuaires irlandais, cela fait encore une raison de plus d’aimer l’Irlande. Comme s’il était nécessaire d’en rajouter !

Quels poissons nageurs ?
D’après Sylvain Duvinage, les poissons nageurs les plus efficaces sur les truites de mer sont de petits jerk bait de 5 à 7 cm. Il préfère en outre les modèles suspending à billes, de couleurs plutôt claires (argenté ou transparent). Son modèle de base est le Rapala Husky Jerk Suspending HJ – coloris GMN en taille 6 cm

Du bord ou en bateau ?
La plupart des pêcheurs pratiquent du bord. Ce qui ne pose aucun problème. Mais Sylvain préfère utiliser une barque. Elle est en effet un plus indéniable et présente deux avantages principaux : elle permet tout d’abord d’attaquer les bancs de truites de mer qui chassent loin du bord, mais elle autorise surtout une grande mobilité, précieuse dans les grands estuaires où il est important de changer rapidement de site lorsque celui choisi ne se révèle pas porteur.

Comment y aller ?
Sylvain Duvinage propose de pêcher la truite de mer en estuaire dans la région de Sligo. Il connaît bien son secteur, possède une barque très fonctionnelle pour y pêcher. Très bon guide, c’est aussi un compagnon de pêche fort agréable. Sa connaissance des lieux fait gagner un temps précieux, même au pêcheur voyageur averti. Quant à ceux qui ne sont pas à l’aise en anglais, une telle aide devient même capitale pour éviter de galérer. Il peut en outre organiser votre séjour, hébergement compris.
Contact : sylvainduvinage@chez.com
Site : www. Chez.com/sylvainduvinage

Adresses utiles
L’Office du Tourisme Irlandais est une précieuse mine de renseignements, pour tout ce que vous voulez savoir sur l’Irlande. Tourisme Irlandais – 33, rue de Miromesnil – 75 008 Paris. Tél : 01 70 20 00 20, fax : 01 47 42 01 64. www.irlande-tourisme.fr

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