
Nos Produits » Irlande » 4/Article de Presse : Truite Magazine 2002
SYLVAIN DUVINAGE : LA TRUITE EN LIBERTE EN IRLANDE
Quel pêcheur ne connaît pas l’Irlande ? Quel pêcheur n’a jamais rêvé venir y tremper sa ligne ? Bien peu en vérité. Et parmi ceux qui l’ont déjà fait, rares sont ceux qui ne rêvent pas d’y revenir. Sylvain DUVINAGE est allé encore plus loin : il s’y est installé en tant que guide de pêche et y séjourne donc 6 mois de l’année. Venu au départ pour organiser des séjours brochet (personne n’est parfait …), face aux multiples possibilités qu’offre cette île, il se diversifie et se tourne peu à peu vers d’autres espèces, aussi bien en mer qu’en rivière. C’est ainsi que Sylvain fera plus ample connaissance avec les salmonidés, avec lesquels il avait toutefois déjà eu quelques contacts lors de sa formation de guide. Il est vrai que des salmonidés, l’Irlande en regorge littéralement. Des truites bien sur, mais également des saumons et des truites de mer. C’est cependant surtout sur les truites que Sylvain base son activité de guide. Il faut dire quelles sont particulièrement nombreuses au pays de la Guiness, toutes bien sauvages et parées de robes magnifiques, et qu’elles intéressent très peu les Irlandais (pour ne pas dire pas du tout). De plus, leur pêche est complètement libre et n’est même pas soumise à la prise d’un quelconque permis. Installé près de Sligo, sur la magnifique côte ouest de l’Irlande, Sylvain a sous la main plusieurs rivières splendides et de premier ordre pour traquer la truite. Toutes sont de petits fleuves côtiers coulant des eaux brunes typiques des rivières Irlandaise et bien peuplées de truites aux robes cuivrées constellées de points noirs. De vraies beautés ... Parmi toutes ces rivières, c’est toutefois la Ballysadare qui constitue son parcours préféré. Cette rivière ne manque en effet pas de charmes. Elle est tout d’abord relativement variée et permet ainsi de pêcher des parcours assez différents les uns des autres, gage d’un plaisir sans cesse renouvelé. Un parcours qu’il affectionne, par exemple, est situé très près de la confluence de la Ballysadare avec la mer. Là, du fait d’une rupture de pente d’un peu moins d’un kilomètre, la rivière présente un profil très intéressant fait de beaux courants entrecoupés de petites chutes à l’aval desquelles se trouvent autant de belles zones profondes. Malgré la proximité d’un bâtiments et d’un seuil artificielle, on oublie rapidement ces traces humaines pour ne se concentrer que sur ces beaux courants où gobent très souvent de belles farios. Un peu plus haut, après que l’Unchin et l’Owenmore ne se soient réunis pour la former, la Ballysadare présente un aspect plus Irlandais, avec un profil moins pentu. Elle s’écoule alors de radier en courants, large de 20 à 25 m, avec quelques herbiers de renoncules et de splendides coups de bordures où les truites gobent avec appétit les artificielles bien présentées. Plus haut encore, l’Owenmore possède également un parcours sur lequel Sylvain aime se rendre. Beaucoup plus plat et relativement riche en herbiers, celui-ci se caractérise surtout par une forte activité de surface, les truites y gobant à qui mieux mieux. Mais si elles sont nombreuses, elles sont rarement grosses, comme souvent en Irlande et il peut même arriver que, comme partout du reste, seules les “ petites ” soient en activité ce jours là. Qu’importe, un simple coup de voiture permet de changer rapidement sa “ canne à pêche de main ” et de trouver un autre parcours, où de plus beaux poissons seront sans doute dehors.
La pêche de la truite ouvre le 31 mars en Irlande. Mais les Irlandais ne s’en soucient guère. Le seul moment où notre chère fario suscite un réel engouement chez eux est l’époque de la mouche de mai, pendant laquelle ils quittent tout (ou presque) pour aller traquer les grosses truites de lacs. Le reste du temps, c’est essentiellement sur les lacs que les pêcheurs de truites Irlandais sévissent. Quant aux rivières, elles sont pour la plupart quasiment désertes toutes l’année. Pas parce que les truites n’y sont pas nombreuses, détrompez vous. Les densités y sont au contraire importantes. Mais les Irlandais préfèrent les saumons et les truites de mer. La “ concurrence ” est donc réduite à sa plus simple expression. Il faut dire également que si la densité de farios est forte à très forte, la taille moyenne de ces poissons reste globalement peu élevée. Sur la Ballysadare, par exemple, la majorité des captures mesurent entre 20 et 25 cm. On capture tout de même régulièrement des truites de 25 à 35 cm, quelquefois de 40 à 45 cm, mais rarement plus. Ce n’est toutefois déjà pas si mal et leur nombre et leur vivacité rend cette pêche très agréable.
Comme en France, et même si l’Irlande, tempérée par le Gulf Stream, est un pays plutôt clément en terme de température (il fait rarement moins de 7°C en hiver), le début de saison est traditionnellement réservé à la pêche au toc. On peut acheter sur place des vers, qui se révèlent comme partout des appâts très efficaces. En revanche, si l’on veut changer pour essayer des teignes, il faut les apporter car on en trouve pas ici. Les portes bois sont également un excellent appât qu’on peut ramasser en nombre dans certains endroits. Si Sylvain prend plaisir à pêcher au toc, c’est toutefois la mouche qui constitue sa technique favorite. Elle est praticable dès le début de saison, mais comme en France, en pêchant sous l’eau, en nymphe ou en noyée. Des modèles d’ensemble conviennent alors parfaitement, les farios Irlandaises se montrant rarement chipoteuses. C’est à partir de la mi-avril que débute véritablement une activité de surface significative et donc la pêche en sèche. Elle va devenir de plus en plus régulière au fil des semaines pour atteindre son plein rendement à partir de mai-juin. Mais ne croyez pas que l’absence de gobages vous condamne à rester le cul sur un rocher à attendre une quelconque manifestation du poisson en surface ! Dans ces moments là, Sylvain pêche l’eau, en prospectant préférentiellement les bordures. Et même si cette pêche ne possède pas tout à fait les mêmes charmes que celle qui consiste à attaquer un poisson repéré grâce à un gobage, elle est tout de même passionnante, très productive et permet surtout d’éviter une attente aussi peu justifiée qu’ennuyeuse. Un bon pêcheur peut ainsi prendre entre 20 et 60 truites dans sa journée. Toutes sont de vraies sauvages (il n’existe aucun alevinage pour les farios), avec des robes superbes et très homogènes. Elles sont souvent actives et jamais chipoteuses. Les rivières Irlandaises constituent ainsi de formidables parcours d’initiation, dans lesquels le pêcheur va vraiment “ toucher ” du poisson. De plus, un matériel d’ensemble convient bien dans la quasi totalité des cas. Sylvain utilise ainsi une canne de 8’6 pour soie n°5 (profil DT). Il fait aussi dans la simplicité pour son bas de ligne, avec un départ en tissé de 2 m puis 60 cm de 18/100, 40 cm de 16/100 et 1 m de 12/100. Ce bas de ligne d’ensemble de 4 m convient parfaitement à la plupart des situations rencontrées sur la Ballysadare, tout comme sur bon nombre de rivières Irlandaises. Les mouches sont également au “ diapason ” et des modèles d’ensemble permettent de faire face à la plupart des situations. Sylvain recommande ainsi deux modèles de base : des culs de canard en taille allant du 14 au 20, de couleur olive ou marron, et un modèle en poil de chevreuil en taille 12 à 16. Si vous venez en mai, il vous faut absolument ajouter à ces modèles quelques imitations de mouches de mai. Il existe en effet 3 semaines excellentes pour la mouche de mai sur la Ballysadare, au cours desquelles les parties de pêche sont très animées, les truites étant dehors comme des folles.
Maintenant bien implanté et accepté en Irlande, Sylvain adore faire découvrir ce petit paradis halieutique. La pêche de la truite qu’on pratique ici, simple, et qui privilégie l’aspect nature, convivial et originel à un côté trop technique lui correspond bien. Livberté ne veur cependant pas dire n’importe quoi et apprécie par dessus tout que les pêcheurs respectent ces rivières et leurs poissons et ne commettent pas d’excès.
Pour lui, la pêche est en outre un excellent moyen de découvrir ce pays si attachant, au moins autant que ses habitants. C’est pour cela que les séjours qu’il propose avec son ami Bernard favorisent l’intégration du pêcheur en étant basé sur des hébergements chez l’habitant, dans les fameux “ bed and breakfast ”. Après une bonne journée de pêche, la soirée est souvent consacrée à une visite au pub, dans la plus pur tradition locale. En plus de son activité de guide traditionnelle, Sylvain a développé un concept tout à fait intéressant “ d’assistance à la pêche ”. Les pêcheurs sont ainsi laissé en autonomie et gèrent aux même leurs journées et leurs parties de pêche. Mais ils conservent un contact étroit avec Sylvain qui, chaque jour, fait le point avec eux et leur propose divers parcours avec cartes à l’appui.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de l’Irlande. Mais si ce pays est généreux, comme partout, il existe de bons et de moins bons coins de pêche, surtout en fonction des différentes saisons, et plus encore pour les migrateurs pour lesquels Sylvain propose aussi ses services, parfois en associations avec des guides locaux. Il existe en outre des portions de rivières privées, essentiellement pour le saumon. Il est donc facile de se “ planter ” et de pêcher sur des parcours peu favorables à ce moment là ou plus grave encore, en totale infraction. C’est pour cela que l’aide d’un guide est si recommandée. Et dans cette optique, le système mis en place par Sylvain, basé sur une alternance de guidage et d’assistance halieutique, représente un parfait compromis entre pêche assisté et autonome.
Alors si l’an prochain, vous êtes tenté par un petit voyage de pêche, l’Irlande n’est qu’à deux pas. Et pour pêcher la truite en liberté, en lac ou en rivières, ou encore les saumons ou les truites de mer, dans un dépaysement total et pour un coût somme tout modique, on n’a pas encore fait mieux.
Sylvain et l’Irlande : l’aboutissement d’une passion
C’est pour et par le brochet que Sylvain a découvert l’Irlande, en 1991. Le “ gros bec ”, c’est le poissons fétiche de ce nordiste originaire de Douais, près de Lille. Il le traque assidûment depuis l’âge de 15 ans, notamment dans la Somme. L’Irlande lui était donc promise, à un moment ou à un autre. Après son premier voyage, sous le charme, il y revient chaque année. Puis un beau jour, à 29 ans, son activité commerciale commence à le lasser et il fait le grand saut, décide de changer de vie et se lance dans une formation de guide de pêche, qu’il effectue à Blesle en 1996. Connaissant un peu l’Irlande par ses premiers séjours, il y organise le séjour de fin de cycle de sa promotion, puis des promotions suivantes. C’est comme ça qu’il va rencontrer Bernard Eucher-Lamon, qui travaille à l’organisation de séjour de toutes natures en Irlande depuis quelques années. Les deux hommes sympathisent et décident de travailler ensemble à l’organisation des séjours à vocation pêche. Depuis cette date, Sylvain a accompli le rêve de nombreux pêcheurs : vivre une partie de l’année en Irlande, ce petit paradis de la pêche. Cela lui permet d’apporter sa compétence et sa connaissance du pays et de ses rivières aux pêcheurs désireux de les découvrir.